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Jamie Oliver: son restau le Fifteen sur le grill

par

Jamie Oliver Fifteen/ Carine Keyvan

 

A 38 ans, Jamie est une vraie multinationale : des millions de livres vendus, des émissions télés diffusées en Angleterre, aux Etats unis, au Québec et en France, des restos franchisés à Londres, Melbourne, Amsterdam… Un vrai chef d’entreprise qui fait grincer des dents dans l’univers du fooding. Ne se serait-il pas perdu dans tous ses produits dérivés ?
C’est donc la papille méfiante et l’oeil aiguisé, que je décide d’aller tester le Fifteen, son premier établissement, qu’il vient de relooker et de confier à un nouveau chef. Dans les cuisines de ce resto-école où des jeunes en difficulté apprennent le métier depuis 2002,  on retrouve désormais Jon Rotheram,  un autre grand nom de la cuisine britannique qui officiait dans le célèbre gastropub Saint John jusqu’à l’an passé. Un vendredi soir d’août, je me mets donc à table, dans le quartier de Shoreditch, chez celui qui a su nous faire oublier l’agneau sauce à la menthe et rendre la cuisine britannique sexy.

Le cadre

Ambiance tamisée, murs de briques et faune branchée constituent le décorum, loin de l’image du gastro traditionnel. Assez rock n’ roll, à l’image de ce chef hybride et de ce quartier branché de l’East London. Un grand bar d’un coté et la cuisine ouverte sur la salle donne au lieu un aspect convivial. Ma table est au sous-sol, plus calme, où on trouve aussi une cuisine ouverte.

La carte

La carte change régulièrement. En fait, ce sont des tapas à partager m’expliquent les amis londoniens avec qui je dine. On choisit donc un assortiment : coques, couteau fenouil concombre et sa vinaigrette, blettes à l’ail (oui oui, je n’avais pas bien compris mais c’était bon !), chausson au boeuf façon dumpling chinois, pommes de terre nouvelles sauce au raifort, raviolis et oeufs à la ricotta fumée et à la truffe fraîche… Les plats s’enchaînent assez vite. Il faut dire qu’en cuisine, on s’affaire. Quant au service, il est décontracté mais impeccable. Surprise, les assiettes sont généreuses pour des tapas. Côté saveur, c’est aussi créatif en bouche que sur les intitulés (que je vous ai maladroitement traduits). On partage tout cela avant de jouer les gourmands alléchés par les desserts : madeleine aux noisettes, glace à l’huile d’olive et éclair au praliné.

L’addition

Pas si salée ! Les assiettes commencent à 5 livres pour le bun, 12 livres pour l’assiette de coques très conséquente et vont jusqu’à 35 livres le poulet rôti pour 2. Le vin est assez cher, mais ça, c’est parce qu’on est en Angleterre.

Bilan

50 € par personne pour un entrée-plat-dessert arrosé de vin blanc dans le resto d’un chef créatif et superstar, c’est pas si mal. Au Fifteen, l’ambiance n’est pas touristique, et pour être passée devant plusieurs de ses autres resto, celui-ci a su garder son âme authentique. Si on veut absolument essayer un des restos du « Naked chef » (celui qui ne porte pas de toque), c’est ici qu’il faut venir.

Le Fifteen 15 Westland Place. Londres.

//Photographie: Carine Keyvan

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